🌕 Douter Est Ce Renoncer À La Vérité
Cependant ce changement de mentalité n'est pas arrivé seul, il a été produit, par une remise en cause du système, par le doute de ce qui était à l'époque une vérité démontrée. Nous pourrions donc nous arrêter là et en conclure que la remise en cause de certaines vérités démontrées est quelque chose de nécessaire, quelque chose de « bien » pour l'homme est pour
Larecherche de la vérité peut-elle se passer du doute ? Énoncé. La recherche de la vérité peut-elle se passer du doute ?
Renoncerà l'idéale de vérité, ce n'est pas douter ; c'est renoncé à rechercher la vérité, à penser, à s'interroger, à reconnaître la pensée rationnelle comme capable d'élaborer des vérités universelles. Mots clés • douter : être dans l'incertitude, hésiter, soupçonner.
Brefje pense qu’il est intéressant d’imaginer que ce qui se rapproche le plus de la vérité est entre les deux. ” Le doute ne paralyse pas, il ouvre au contraire de multiples possibilités, laisse la place à l’erreur et n’érige personne en Dieu.” Il faut faire le deuil de “la vérité”. Elle est plurielle, elle s’exprime et se perçoit selon chacun et ne pourra jamais
Peutêtre le scepticisme est-il un moment nécessaire de la vie de la conscience ; peut-être même est-il nécessairement tentant ; pour Hegel cependant, la conscience renoncerait à elle-même si elle en faisait autre chose qu'une étape, parce qu'elle se couperait sans remède de la vérité. Le sceptique jette le bébé avec l'eau du bain : par crainte de se tromper, il renonce à la
Quest-ce que la vérité ? Vous vous souvenez sans doute de cette réplique de Pilate dans le récit du procès de Jésus dans l’évangile de saint Jean.
Douterc’est alors manifestement renoncer à la vérité car c’est une finalité. Dans une seconde partie nous aborderons la vision cartésienne selon laquelle le doute est un moyen de recherche de la vérité, la suspension du jugement n’est la que pour tenter d’atteindre des connaissances vraies. Puis dans une dernière partie, nous
Etaujourd’hui, à l’occasion d’un conflit qui ne les concerne nullement, vous osez leur demander de renoncer à encore plus de ce qui leur revient de droit. Non, Monsieur le Président, je refuse de payer le prix que vous nous demandez de payer. Ce prix est celui de vos erreurs et de vos imprévoyances. Il est celui de la soumission à
ladécouvrir ainsi qu’elle est. On est donc bien fondé à parler de la vérité au singulier et en un sens absolu. La vérité est ce qui se reconnaît : on peut décliner cette idée selon diverses modalités (reconnaître une erreur, un crime, c’est dévoiler la vérité ; reconnaître c’est aussi constater
PolaqXz. Celui qui recherche la vérité, et c’est là l’un des grands enjeux du philosophe, se trouve rapidement devant l’impossibilité de la reconnaître aisément lorsqu’il la rencontre en effet, celle-ci se définit d’après Saint Thomas d’Aquin comme adéquation entre l’intellect et la chose », entre l’objet et sa réalité. Or la réalité d’un objet ne peut découler de son observation, celle-ci étant sujette à des nombreuses variations, mises en évidence par Russel dans ses Problèmes de philosophie. On peut donc se demander sur quels critères s’appuie la vérité pour différencier la réalité de l’illusion, donc quels sont les procédés permettant d’accéder à la vérité. En ce sens, le modèle mathématique a imposé la démonstration comme un moyen privilégié d’accès à la vérité, mais la vérité relève-t-elle de ce qui est démontrable ? En d’autres termes, comment la démonstration garantit-elle l’objectivité et donc la vérité de ses conclusions ? Et si tout ce qui est démontrable est vrai, qu’en est-il de ce qui est vrai, est-il nécessairement démontrable ? Y a-t-il alors d’autres critères et moyens d’accéder à la vérité ? La démonstration se pose comme un critère d’objectivité de ses conclusions, puisqu’elle consiste à déduire, à partir de prémisses certaines, une conclusion grâce à raisonnement logique, le syllogisme aristotélicien, hérité de la géométrie. L’exemple le plus typique de ce raisonnement syllogistique est Tout homme moyen terme est mortel grand terme Or Socrate petit terme est un homme moyen terme Donc Socrate petit terme est mortel grand terme. Dans ce type de raisonnement, le moyen terme est le pivot en effet, de par son inclusion ou son exclusion par rapport aux petit et moyen termes, on peut déduire l’inclusion ou l’exclusion de ces deux termes entre eux. La nécessité d’un raisonnement est donc assurée par la rigueur logique et rationnelle. En effet, ratio » en latin signifie calcul, et la raison est donc une faculté de calculer des choses en mettant en évidence les causes et les effets. Etablir des vérités revient donc à mettre en avant la cohérence du raisonnement que chacun peut reproduire en aboutissant aux mêmes résultats, si aucune erreur ou précipitation n’est commise. La démonstration répond donc à une exigence strictement rationnelle, et permet d’aboutir de proche en proche à des vérités très éloignées des prémisses. De plus, la démonstration n’obéit qu’aux règles de la raison, sans recourir au particulier la garantie d’universalité réside dans la méthode, la conduite ordonnée des raisons, et dans l’abstraction du sujet, pour ne s’attacher qu’à la forme du raisonnement et non à son contenu. Nécessaires du fait de la rigueur du raisonnement, universelles de par l’usage de la raison pure, la démonstration garantit l’objectivité, et donc la vérité des conclusions qu’elle établit. Descartes, dans son projet de remise en cause de tous les savoirs, n’a épargné que la discipline mathématique, où l’homme ne peut se tromper, l’objet de sa réflexion étant indépendant de toute expérience. Pascal a de son côté appelé à appliquer le modèle géométrique, seul garant de l’excellence, à la philosophie, en posant des définitions claires et univoques à tous les termes de la pensée pour éviter les risques de confusion ou de jeu volontaire et malhonnête sur la polysémie des termes, celui-là même dénoncé chez les sophistes par Aristote dans Les Réfutations sophistiques. Pour autant, ce système hypothético-déductif mathématique constitue-t-il un modèle de vérité, qu’il faudrait élargir à tous les domaines ? Selon Galilée, dans L’Essayeur, la nature est un grand livre écrit dans la langue mathématique et ses caractères sont des triangles, des cercles et autres figures géométriques, sans le moyen desquelles il est humainement impossible d’en comprendre un mot ». La nature serait donc régie par des lois mathématiques, ce qui expliquerait qu’on ne puisse l’étudier, en physique notamment, sans faire appel à des calculs. Pour se rendre maître de la nature, il faudrait donc la mathématiser entièrement, et concevoir la science comme une comme un savoir général de l’ordre des choses qui aurait pour objet l’ensemble de la nature. Or si les mathématiques sont le reflet du monde, les lois de cette discipline s’appliquent à tout, et en mathématiques seul ce qui est démontré fait foi. Doit-on par conséquent ne considérer comme vrai que ce qui est démontré ou démontrable ? La démonstrabilité est-elle nécessaire à la vérité ? Réduire la vérité à la démonstration se heurte à une double limite en tant que processus, la démonstration se base sur des présupposés, des prémisses premières non démontrées, et en tant que résultat de ce processus, elle reste formelle et ne s’applique pas à tout objet. La démonstration est un procédé permettant de conclure la vérité d’une proposition à partir de prémisses vraies. Mais pour établir la vérité des ses prémisses, il faudrait à leur tour les démontrer, ce qui nous engagerait dans une régression sans fin, chaque prémisse démontrée s’appuyant sur des prémisses antérieures. Aristote, dans Secondes analytiques, appelle à admettre ces vérités premières sans démonstration, à l’image des mathématiques et de la géométrie euclidienne. Revenons à l’exemple même des Eléments d’Euclide ils s’appuient sur des éléments non démontrés, que l’on peut classer en trois types de principes. Viennent d’abord les définitions nominales, telles que un point est ce qui n’a pas de partie », qui posent le sens des termes utilisés. Suivent les postulats, qui demandent d’accepter des propositions qui ne sont en fait que des règles de constructions, telles que tous les angles droits sont égaux entre eux ». Enfin, les axiomes sont des vérités trop évidentes pour être démontrées, du type le tout est plus grand que la partie ». Ce sont de véritables intuitions intellectuelles, qui se révèlent indubitablement et immédiatement vraies à un esprit attentif. Une idée vraie est en ce sens, comme l'écrit Spinoza, à elle-même son propre critère celui qui l'a sait en même temps qu'elle est vraie " la vérité est norme d'elle-même et du faux ". Ce sont en effet des "notions communes", terme qu'utilisait Euclide pour désigner les vérités premières qui s'imposent d'elles-mêmes à l'esprit. Ainsi, des propositions comme "deux quantités égales à une troisième sont égales entre elles" paraissent évidentes ne suffit-il pas de comprendre leur sens pour savoir du même coup qu'elles sont vraies ? Ainsi, toute démonstration, aussi rigoureuse puisse-t-elle être, repose sur une part d’indémontrable. Gödel, plus grand mathématicien du XXème siècle, a par ailleurs démontré qu’il existait des propositions vraies dont on ne pourrait jamais démontrer la véracité. Il a créé un modèle formel de l’arithmétique, et a cherché à prouver sa complétude, à savoir son caractère entièrement démontré. Or pour le valider il s’est trouvé contraint de le considérer consistant, donc d’inclure le principe de non-contradiction, qui n’est pas démontré. La démonstration ne peut donc pas s’auto-légitimer, puisqu’elle-même n’obéit pas à ses propres règles. D’autres mathématiciens, au XIXème siècle, ont eux mis en avant le caractère purement formel de la démonstration. Ainsi, deux d’entre eux créèrent des modèles géométriques cohérents en modifiant le 5ème postulat d’Euclide, qui prétend que par un point extérieur à une droite ne passe qu’une parallèle à cette droite. Lobatchevski d’abord le remplace par "Par un point situé en dehors d'une droite donnée, il passe une infinité de droites parallèles à la droite donnée", et crée ainsi un système où le monde n’est pas ramené à un plan mais à une pseudo-sphère. Ensuite, Riemann pose comme 2ème postulat "Une droite limitée ne peut être étendue indéfiniment pour former une droite de longueur infinie" et comme cinquième "Par un point situé en dehors d'une droite donnée, on ne peut mener aucune parallèle à cette droite donnée". Le monde de la géométrie riemannienne est comme une sphère, et une ligne droite y est pareille à l'arc d'un grand cercle. Ces deux modèles sont parfaitement cohérents permettent de mener des démonstrations, et dans le cas de la géométrie riemannienne trouve même des applications au champ gravitationnel chez Einstein. C’est ainsi que la somme des angles d’un triangle, strictement égale a 180° en géométrie euclidienne, est supérieure à cette somme chez l’un Lobatchevski et inférieure chez l’autre Riemann. La vérité est-elle alors relative un système arbitrairement choisi ? Ne serait-ce alors pas une négation de la vérité elle-même, en tant que valeur et qu’absolu ? En réalité, les mathématiques sont indifférentes aux objets dont elles parlent, mais s’attachent uniquement aux rapports entre eux, ce que Russel exprime lorsqu’il dit des mathématiques qu’elles sont la seule science où on l’on ne sait pas si ce que l’ont dit est vrai ». En effet, la démonstration établit des rapports cohérents entre les propositions au sein d’un système préétabli, et de ce fait ne consiste paradoxalement pas à déterminer la vérité, mais la validité d’un raisonnement. La vérité établie par démonstration est par conséquent purement formelle un raisonnement peut être logiquement vrai mais matériellement faux. Faut-il alors renoncer à l’idéal démonstratif ? Vu ses limites, la démonstration ne peut plus prétendre au statut de seule garante de la vérité. Il faut donc trouver d’autre critères constitutifs de la vérité, et permettant de l’établir. Deux grandes tendances s’opposent et se partagent le domaine de la connaissance non démonstrative la connaissance intellectuelle pure et intuitive, et l’empirisme. Dans la première catégorie, on retrouve les définitions nominales, qui ne sont rien d’autres que des conventions visant à attribuer un nom à chaque chose. Cependant, chacune de ces définitions n’en reste pas moins vraie, de même qu’il en est pour les définitions de choses, qui listent des jugements analytiques essentiels, c'est à dire inhérents à l’objet et constitutifs de son essence, de ce qu’il est, de sorte que si l’un de ces attributs est retiré à la définition, la représentation mentale de l’objet devient impossible. Cependant, ce type de vérité ne fait aucunement avancer la connaissance elles sont un point de départ pour toute démonstration ou approche théorique et non pas un résultat. C’est d’ailleurs le cas des axiomes en mathématiques, qui fixent des connaissances pour permettre la découverte, mais ne sont pas des découvertes elles-mêmes. Un deuxième type de vérité intuitive s’impose au XVIIème siècle d’après le Cogito ergo sum » cartésien. Cette phrase, qui conclut avec une seule prémisse, n’a rien d’une démonstration en fait, Descartes, lors de sa démarche de doute, est parvenu à cette première vérité "Je pense donc je suis". Il est impossible de remettre en cause cette vérité car plus j'essaie d'en douter, plus je la confirme; elle est donc indubitable. L’évidence absolue de cette phrase devient alors un modèle auquel l’on peut comparer d’autres connaissances, et permet l’adoption de l’évidence comme un critère de vérité. Pour Descartes, seules les idées qui s'imposent à l'esprit comme évidentes doivent être tenues pour vraies. En ce sens, il dit " ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse évidemment être telle c'est-à-dire d'éviter la précipitation et la prévention et ne comprendre rien de plus en mes jugements que ce qui se présenterait si clairement et si distinctement à mon esprit que je n'eusse aucune occasion de la mettre en doute". Discours de la méthode, Seconde partie. Attention tout de même à ne pas se méprendre sur l’évidence dont il s’agit ici, celle-ci n’est pas "première", on ne l'éprouve pas en présence de ce qui s'imposerait à première vue. Elle n'est pas le point de départ, mais l’aboutissement d’une démarche visant à éliminer toute possibilité d'erreur. C’est l'indéniable, l’évidence qui a résisté à l’épreuve du doute dont on garantit la vérité. Cependant, aussi séduisant soit-il, le critère de l'évidence est-il suffisant ? L'évidence n'est-elle pas quelquefois trompeuse ? Russel, dans ses Problèmes de philosophie montre très clairement les limites de l’évidence, du moins dans le cadre de l’observation directe. Il parvient à remettre en doute la forme, la couleur et même l’existence même d’une table dont les caractéristiques extérieures varient inexorablement selon les conditions d’observation. Cependant, s’il remet en cause l’immédiateté du jugement, qui ne découle pas directement de l’observation mais est en réalité le résultat d’une opération intellectuelle, celui-ci encourage à dépasser l’expérience en elle-même pour trouver la vérité, et donc de traiter les informations issues de l’expérience pour arriver à des théories vraies, du moins en sciences. La démarche inductive scientifique prétend à la vérité car elle utilise un procédé codifié et où les résultats, à savoir les théories sont vérifiées par l’expérience avant d’être admises. En physique par exemple, Einstein explicite clairement la démarche dans l’Evolution des idées en physique elle commence par une observation, que l’on amplifie et que l’on caricature, afin d’obtenir une expérience idéalisée à laquelle on retire tous les éléments inessentiels. L’observation d’une corrélation entre deux évènements qui se reproduit à mesure que l’on reproduit l’expérience permet de généraliser, puis de retourner à l’expérimentation pour cette fois valider la théorie. C’est ainsi que lon permet la prédiction », et donc le caractère a priori de certains jugement synthétiques au sens Kantien du terme. Ainsi l’expérience sensible aboutit-elle à des vérités de fait, apportées par le monde sensible. Dans la même catégorie, on peut mettre la preuve directe lorsque Newton décompose la lumière blanche puis le recompose avec ses prismes, nul ne peut mettre en doute l’existence d’un spectre de la lumière. Si l’on revient à la mise ne place des théories scientifiques, on se rend cependant rapidement compte qu’une théorie qui est considérée comme vraie pendant une période donnée peut-être falsifiée » pour laisser place à une nouvelle théorie, offrant une précision supérieure. Russel, dans Science et religion parle de vérité technique, par opposition à une vérité absolue que seule la religion prétend détenir, tandis qu’Einstein et Infeld considèrent la vérité comme étant une limite idéale », que l’homme jamais ne pourra atteindre. Ainsi, pour James, grande figure du pragmatisme, le vrai est ce qui se vérifie la vérité se confond avec la vérification. De plus, malgré les avancées techniques, nous n’avons jamais accès à "réalité absolue", c'est-à-dire à la totalité du réel. Nous ne connaissons qu'une partie du réel, celle que nos instruments actuels nous permettent d’évaluer. C'est pourquoi ce qui constitue "notre" réalité n'est qu'une réalité relative et les vérités qui en découlent sont elles aussi relatives. En définitive, il semblerait que si sans l’ombre d’un doute, ce qui est démontré, du moins dans un système donné, est vrai, la réciproque est fausse quelque soit le système, il existe des vérités indémontrables, c’est l’incomplétude. De plus, que la démonstration elle-même présente des limites, étant basée sur de l’indémontrable, et restant purement formelle. Pour autant, les vérités non démonstratives, trouvés par le biais de l’intellect pur ou par l’usage de l’expérience restent trompeuses et ne font finalement que tendre vers un idéal de vérité. Faut-il alors renoncer à la vérité absolue et ne répondre qu’à des besoins pragmatiques et pratiques ? Si la vérité est relative, en risque-t-on pas alors de confondre croyance et vérité ?
Le nihilisme est une théorie philosophique qui affirme l'absurdité de la vie, l’inexistence de la morale et de la vérité. On associe souvent, à tort, comme des corollaires, le pessimisme et le scepticisme au nihilisme. Car le vrai nihilisme consiste à ne croire en rien, à ne croire en aucune positivité. C’est Nietzsche qui a le premier pointé le nihilisme comme l’ennemi des civilisations modernes, l’accusant des ruiner les fondements de la morale. Histoire du nihilisme Nihilisme » vient du latin nihil, rien, ce qui n'existe pas. Le terme fait son apparition chez Tourgueniev chez lequel le nihilisme est utilisé pour décrire le scientisme brut. Ce terme apparaît en Russie fin 19è, et est connoté politiquement, associé à un mouvement révolutionnaire qui a rejeté l'autorité de l'État, de l’Église et de la famille. Bakounine, le penseur anarchiste, a déclaré la passion pour la destruction est aussi une passion créative! ». L’anarchisme est nihiliste car il refuse que l’autorité ait sa source dans la religion et l’Etat. Prônant une éthique de la subversion, le mouvement a fini par faire l’apologie du terrorisme politique. Avant le 19è siècle, le nihilisme prend ses racines dans le scepticisme antique. Parce qu'ils refusent la certitude, les sceptiques dénoncent les vérités aussi bien que les opinions. D’un point de vue épistémologique, le scepticisme conduit au nihilisme, à l’absence de possibilité de la vérité. Stirner est un des premiers philosophes nihilistes. Pour Stirner, la réalisation de la liberté individuelle est la seule loi, et l'Etat, qui met en péril la liberté, doit être détruit. Nietzsche et le nihilisme Pour la morale de Nietzsche, il n'y a pas d'ordre objectif dans le monde, sauf celui que nous lui donnons. Pour lui, le nihilisme demande un rejet radical de toutes les valeurs et de tout sens Le nihilisme est non seulement la croyance que tout mérite de périr, mais qu’il faut détruire ». Cette destruction du sens est une force destructrice dans l'histoire, source de la plus grande crise de l'humanité et du déclin de la culture européenne.
Sujet de dissertation Y a-t-il un bon usage du doute? Eléments pour l'introduction • Nous sommes ici questionnés sur le bon usage du doute le bon usage, c’est-à-dire la judicieuse mise en activité. Faire bon usage d’une fonction, c’est en réaliser un exercice harmonieux, actualisant une fin utile au sujet. Quant au doute, il désigne un état d’incertitude, se traduisant par un refus d’affirmer ou de nier. On remarquera que la question elle-même sous- entend qu’il existe vraisemblablement un mauvais usage de la suspension du jugement. Notre intitulé est donc assez directif» il nous suggère fortement des questions, une orientation, voire même une réponse. • Dans quel questionnement nous engage l’intitulé ? Le doute, arbitraire et artificiel ou bien partie intégrante et naturelle du processus de pensée ? Un moteur de cette pensée ou un élément à éliminer ? Au-delà des questions particulières surgit le problème soulevé par le sujet la vérité, une donnée immuable et éternelle ou bien une réalité mobile atteinte par le dynamisme de l’esprit, mettant en question le réel A. Le bon usage du doute méthodique » Existe-t-il un bon usage du doute, c’est-à-dire de cet état de l’esprit qui se demande si une proposition est vraie ou fausse et se traduit par un refus d’affirmer ou de nier ? Il nous faut, ici, tenter de rassembler les diverses déterminations du cloute, lequel s’exprime par l’impossibilité d’affirmer ou de nier, par la suspension du jugement, mais qui, à travers ce noyau, relève, néanmoins, de descriptions non homogènes. Douter, ce peut être un état, mais aussi un procédé et un exercice volontaire, une méthode de détachement. Je n’affirme ni ne nie, je suspends mon jugement pour me dégager de croyances fausses, ou, tout au moins, douteuses. Dans ma vie quotidienne, je rencontre, en effet, le vaste champ des apparences celles du donné sensible ou de la pression sociale, de l’opinion, champ qui entraîne la crédulité parce que j’y suis plongé de manière immédiate, depuis fort longtemps. Si je veux me délivrer de l’adhésion spontanée au contenu de la représentation, il me faut nécessairement douter, pour me purifier de cette adhésion. Qu’est ici le doute ? Il désigne un procédé permettant de mettre en question ce qui a été admis antérieurement, préalablement à toute réflexion. Dans quel but ? Celui d’établir la vérité sur des bases inébranlables. Descartes, on le sait, est le père de ce doute méthodique je pensais qu’il fallait que je rejetasse Comme absolument faux, tout ce en quoi je pourrais imaginer le moindre doute, afin de voir s’il ne me resterait point, après cela, quelque chose en ma créance, qui fût inébranlable. Descartes, Discours de la méthode. De ce doute méthodique, il est, évidemment, un bon usage et un exercice judicieux, une mise en activité satisfaisant un besoin réel il me permet de me détacher de l’objet et de mettre à distance l’adhésion trop spontanée ou immédiate, la croyance non vérifiée. etc. Grâce à lui, je cesse de vivre immergé dans le monde des apparences et, finalement, je suis à même de parvenir à un assentiment personnel, libre, fondé en raison. Le doute méthodique, c’est la liberté de l’esprit et tout usage de ce doute est valable, parce qu’il désigne la catharsis par excellence le doute, c’est le sel de l’esprit, disait Alain. Son usage est bon, parce qu’il représente ici une hygiène de la pensée, un outil pour atteindre le vrai. Néanmoins, s’il est un bon usage de ce doute méthodique, en est-il de même en ce qui concerne d’autres formes du doute, irréductibles à une méthode ? B. Le doute sceptique et son bon usage. Voici une forme de doute beaucoup plus radicale et universelle, dont certains pensent qu’il n’est guère de bon usage. Commençons par en circonscrire l’essence, avant de nous interroger sur le caractère judicieux de son exercice. Par nature même, le doute méthodique paraît un travail adapté à la recherche de la vérité. Au contraire, le sceptique s’établit clans son doute comme dans un état définitif il serait impossible, pense-t-il, d’accéder à la moindre vérité. Ainsi peut être donné l’exemple de Pyrrhon d’Elis 365-275 av. qui déclarait que nos opinions ne sont ni vraies ni fausses et pratiquait la suspension du jugement. Peut-on atteindre une certitude ? Il faut suspendre son jugement, car il n’y a ni vrai ni faux. Loin d’être provisoire, ce type de doute anéantit toute détermination quelle qu’elle soit, puisqu’il s’identifie à l’impossibilité, pour la raison, d’affirmer ou de nier quoi que ce soit avec certitude. Le sceptique demeure fixé à son doute et n’en sort jamais. Il n’est pas, dit-on généralement, un bon usage de ce doute en effet, il s’identifie à une opération de pensée dissolvante et destructrice, ne laissant rien subsister de sûr. La réflexion ne sombre—t—elle pas, dès lors, dans l’océan de la dissolution universelle ? Le doute sceptique ne dévoile-t-il pas l’inessentialité de toute détermination ? En critiquant tout, le doute sceptique détruit tout et met tout à distance. Il se dirige sur toute l’étendue de la conscience et aboutit à désespérer de toutes les représentations et pensées. En somme, le doute sceptique nous jetterait dans l’abîme du vide, dans le néant universel, et du nième coup, formerait obstacle à l’action. Telle est, du moins, la critique traditionnelle. Jugement aussi sévère que classique, mais fort contestable en vérité, il est un bon usage du doute sceptique, qui représente une magnifique expérience de la liberté de la pensée. En dévoilant l’inessentialité de ce qui semble avoir une validité, le doute sceptique dissout tout clans la conscience de soi. Parce qu il est la dissolution de tout ce qui prétend se poser avec stabilité en regard de la conscience de soi, le doute sceptique désigne un exercice élevé de la réflexion libre. La pratique du doute sceptique est donc une tâche méritant l’estime, comme l’a bien montré Hegel Dans le changement et les vicissitudes de tout ce qui veut se consolider pour elle, la conscience de soi sceptique fait donc l’expérience de sa propre liberté. » Hegel, La phénoménologie de l’Esprit, tome 1. p. 174, Aubier. Comme forme méthodique ou même sceptique, le doute remplit donc une excellente fonction. Douter, c’est dissoudre les idées ou représentations, contre cette puissance de croire qui est si formidable en chacun de nous. Dès lors, douter, c’est manifester sa liberté, que la suspension du jugement soit provisoire ou permanente. L’exercice du doute semble donc judicieux, à travers ses divers modes. Expérience de la dissolution universelle, le doute sceptique lui—même s’identifie à la liberté de l’esprit. Mais, au-delà du doute méthodique ou sceptique, n’existe-t-il pas une forme du doute, encore plus décisive, dont le bon usage est évident, doute lié à la négativité même de la pensée ? C’est probablement sur cette négativité de la pensée qu’il nous faut maintenant réfléchir, pour dégager un autre exercice judicieux du doute. C. Le doute et la négativité de la conscience. Le doute sceptique peut nous apparaître encore artificiel. Même si son usage est judicieux, ne faut-il pas lui opposer une forme du doute encore plus universelle et certainement plus réelle ? Quand la conscience s’éduque, progressivement, quand elle se développe et renonce, par étapes, à ses convictions premières, quand elle apprend à remettre en question ce qu’elle tenait antérieurement pour vrai, il y a bien là une expérience concrète du doute, irréductible à la mise en question générale du philosophe, qui prend la résolution de douter. Tout individu, engagé dans l’expérience, à partir des certitudes immédiates, à d’autres éléments de conscience, qu’il nie et dépasse, qu’il intègre telle est la négativité » dégagée par Hegel et conçue comme cette activité de l’esprit niant ses premières déterminations. Ainsi, bien souvent, l’adolescent abandonne ses convictions issues de l’enfance et passe à d’autres convictions. À un doute général comme celui de Descartes ou très abstrait comme celui des sceptiques opposons donc le chemin effectivement réel de la conscience humaine, qui est doute, envisagé comme négativité, mise en question des premières représentations. Le chemin de la conscience parcourant la série de ses formations s’identifie au doute, désignant alors une progression vers d’autres formes du savoir. Ce doute ne peut que relever d’un bon usage, puisqu’il s’identifie à la marche même de l’esprit progressant vers sa vérité mobile. Qu’est le doute, dans ce dernier cas, sinon le pouvoir de négativité » de l’esprit, marchant vers d’autres formations ou étapes ? Nulle formation spirituelle et nul progrès sans lui. Il est bien le sel de l’esprit », lui aussi. Quel que soit l’angle pris en considération, le doute relève d’un bon usage et d’un exercice quasi moral nous permettre de progresser. Conclusion de la dissertation La vérité, nous le voyons, s’avère mobile et le doute est l’application de l’esprit à cette réalité dynamique et non point figée, ce fruit de l’esprit humain, fruit en perpétuelle rectification, comme nous le signale l’exemple de la vérité scientifique.
douter est ce renoncer à la vérité